Numéro 3
hiver 2014

Avec ce troisième numéro, la Revue de Psychologie Analytique poursuit son aventure.
Comme nous le disions précédemment, il nous importe de rester dans une perspective d’ouverture et de dialogue avec tous ceux qui s’inté- ressent à la psychologie analytique, ce dont, nous l’espérons, ce numéro témoignera autant que les précédents.
Un premier article de Mariette Mignet nous invite à une profonde réflexion sur la question du rapport entre la matrice et la fonction symbolique, invitant ainsi son lecteur à (...)

L’image concrète de l’utérus conduit à s’interroger sur la capacité humaine à se représenter la matrice comme lieu de l’origine. En appro- fondissant la figure, elle nous conduit à l’idée d’une fonction spécifique, nommée « fonction utérine ». Pour se représenter la matrice, les hommes de certains groupes humains ont eu recours à des objets métaphoriques qui dialectisent contenu et contenant. Les femmes, de par leur expérience corporelle, se sont peut-être contentées d’images de prolon- gement comme le berceau, (...)

Le soulèvement de Varsovie en 1944, dont le 70e anniversaire est commémoré cette année, est revécu dans un poème basé sur les témoi- gnages de combattants. Par ailleurs, les conflits actuels au Moyen- Orient rappellent, tout en le prolongeant, l’attentat du 11 septembre 2001, qui avait fait en son temps l’objet de la réflexion d’un groupe d’analystes jungiens 2 autour de la question de l’ombre, individuelle et collective. Ces éléments, et le poème qui en a émergé, sont repris dans la première partie de (...)

Cet article propose d’approcher l’aspect mythologique de l’œuvre de Jung. Il s’agit de voir comment la mythologie a accompagné Jung dans ses écrits, comment elle a participé à la construction de ses notions et comment il l’a l’interprétée. Mais aussi comment Jung en a fait l’expérience dans sa vie. En l’affranchissant de son association avec la pathologie – selon les dénominations des maladies faites par la psychiatrie –, Jung a redonné vie au mythe, le dotant d’un sens qui apparaît en premier lieu dans sa (...)

Le monisme à double aspect et le monisme neutre offrent des alter- natives intéressantes aux positions traditionnelles concernant le problème esprit-matière. Les deux supposent un domaine sous-tendant la distinction esprit-matière, mais ils diffèrent aussi de manière radicale. Au XXe siècle un certain nombre de protagonistes ont présenté des variantes de ces deux positions. Une de ces variantes, le monisme à double aspect de Wolfgang Pauli et Carl Gustav Jung, sera décrit et commenté en détail. (...)

La métaphysique naît en Grèce, environ cinq siècles avant Jésus- Christ. De vertigineux échanges font dialoguer, tout autant que s’opposer, Parménide, qui considère que l’être ne peut pas en tant qu’être ne pas être, et Héraclite, qui, au contraire du premier, pose que, tout étant en constant devenir, l’être peut ne pas être sans pour autant se réduire à du néant. C’est en un parricide que Platon le confirme, allant même jusqu’à énoncer que le non-être relève d’un genre déterminé. Jung a très tôt rencontré ces (...)