ROMA/AMOR Au carrefour du désir incestueux et du rejet paternel

Publié en automne 2017
par Gaumond Marcel

Il est généralement convenu d’attribuer au dernier chapitre du premier ouvrage majeur de Jung, Métamorphoses de l’âme et ses symboles, chapitre intitulé « Le sacrifice » et dans lequel Jung propose une conception de la notion de libido et de celle de l’inceste qui diffère de celle énoncée par Freud, le motif qui vaudra à ces figures de « père » et « fils » de la psychanalyse de rompre leur relation. Une rupture qui, plus de cent ans après son avènement, continue d’influencer profondément le rapport qu’entretiennent entre eux les praticiens des écoles freudienne et jungienne.

S’inspirant des recherches effectuées par les psychanalystes lacaniens Antonietta et Gérard Haddad et également de celles de Marie Balmary en ce qui a trait à la relation de Freud avec la ville de Rome, l’auteur s’emploie ici à démontrer que la relation de Jung avec cette ville était tout autant chargée de signification. Avec ceci comme différence : dans le cas de Freud, cette relation était marquée par l’interdit d’un rapport incestueux avec la mère et la haine parricide, alors que pour Jung, elle se trouvait hantée par le désir de se différencier du père tout en étant reconnu par celui-ci.

Par le biais d’une lecture attentive (religere) de deux œuvres d’art, La leçon de guitare de Balthus (1934) et La Pièta d’Ercole de’ Roberti (1482), la première présentant une forte connotation sexuelle et la seconde une forte connotation spirituelle, l’auteur tente d’illustrer le défi que n’eut de cesse de vouloir relever Jung au lendemain de sa douloureuse fin de relation personnelle avec Freud : trouver la clef permettant de conjuguer les opposés qui se heurtent dans l’âme humaine, à commencer par la sexualité versus la spiritualité. Mercure/Hermès personnifiera cette clef.


Gaumond Marcel

Marcel Gaumond, PhD, est psychanalyste diplômé de l’Institut Jung de Zürich (1977), en pratique privée à Québec. Co-fondateur avec Guy Corneau, Jan Bauer et Tom Kelly de l’Association des psychanalystes jungiens du Québec (APJQ), il fut président de celle-ci de 1989 à 1999. Il fut également co-fondateur avec Ursula Stuber de l’École québécoise d’Eutonie Gerda Alexander et membre formateur au sein de l’Inter-regional Society of Jungian Analysts of North America. Avant de faire des études en psychologie analytique et un doctorat en psychopédagogie à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, il a œuvré pendant quinze ans dans le milieu de l’éducation (Collège de Sainte-Foy) à titre d’enseignant, d’animateur socio-culturel et de responsable d’un service d’aide psychologique.
Depuis qu’il a acquis un supplément de formation à San Francisco dans une approche, cette fois, néo-freudienne, Marcel Gaumond s’intéresse à tout ce qui a trait aux règles de base du processus psychothérapeutique. Ses travaux actuels portent sur ce qui serait de nature à réconcilier les paradigmes freudien et jungien.
Il encadre depuis 1995 « Les rencontres du Ciné-Psy » qui font suite aux textes de sa chronique qui paraît cinq fois l’an dans le magazine du cinéma Le Clap (Québec) et dans celui des cinémas Beaubien et du Parc (Montréal).
Il a écrit et participé à plusieurs livres et articles sur la psychanalyse et le cinéma, ainsi que sur l’eutonie.